Analyse de la création de valeur et des coûts cachés des produits phytosanitaires de synthèse
La présence croissante des pesticides dans notre quotidien est intrinsèquement liée la révolution agricole opérée au 20ème siècle qui a diffusé aux quatre coins du monde un nouveau paradigme. Fortement soutenu par les pouvoirs publics dans le but revendiqué d’améliorer la souveraineté alimentaire mondiale, ce paradigme s’appuie sur 4 piliers interdépendants: les machines agricoles motorisées et industrialisées, les engrais de
synthèse, les semences hybrides, et donc l’utilisation généralisée des pesticides de synthèse.
Mais si l’augmentation des rendements associée la mise en place de ce système a longtemps servi de justification un usage systémique des pesticides, la question de leurs impacts négatifs est progressivement devenue incontournable dans le débat et les politiques publiques. A tel point que le président Macron s’est engagé, en ouverture du dernier congrès de l’UICN, profiter de la présidence française de l’UE en 2022 pour défendre une sortie accélérée des pesticides.
Une prise de position théoriquement plus radicale que celle de l’Union européenne, qui s’est fixée un objectif de réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides dans ses Etats membres d’ici 2030.
Pourtant, ces ambitions sont loin de faire l’unanimité au sein des filières agricoles et alimentaires. Les syndicats agricoles majoritaires et les lobbys de l’agro-industrie, mettent en avant les avantages économiques liés la production et l’utilisation des pesticides, ainsi que les risques et pertes économiques potentiellement associés leur réduction.
Le débat entre anti et pro pesticides bat son plein, d’autant que l’accès aux données économiques sur ces produits reste compliqué : rares sont les chiffres publiés par l’industrie, et le secret professionnel qui les entoure rend difficile, voire impossible, toute vérification.
Dans ce contexte, l’objectif principal de notre recherche a consisté objectiver autant que possible les différents arguments économiques du débat, tout en intégrant cette analyse les enjeux socio-environnementaux liés l’usage des pesticides.
Au moment où les principales politiques publiques européennes en la matière sont en cours de discussion ou d’arbitrage (Politique agricole commune, Directive pesticides…), nous espérons que les résultats permettront d’alimenter le débat public sur ces questions et d’élaborer des recommandations cohérentes avec les grands enjeux sociaux et environnementaux des années venir.
Area of focus: Cocoa
Organisation/institution: BASIC